mardi 31 mai 2016

Mon prénom

C'est donc un prénom breton, choisi par mes parents.
Un prénom dont je me suis accommodée pendant très longtemps jusqu'au jour où il ne m'a pu plu du tout (il y a environ 10 ans).
Un  prénom sans douceur, sauf prononcé par la voix tendre des hommes qui m'ont aimée.

Alors j'ai décidé d'enjoliver mon prénom.
Alors j'ai décidé de lui donner des couleurs, des odeurs, des saveurs, des sons, des sensations !

Mon prénom...

Il est jaune comme les ajoncs en fleurs sur les landes au printemps.
Il est bleu comme le ciel au-dessus de la mer.
Il est enivrant comme le parfum des genêts qui embaument sur les falaises l'été.
Il est odorant comme une crêpe qui dore dans la poêle.
Il est délicieusement acide comme la rhubarbe dans une tarte moelleuse.
Il est piquant comme le gingembre qui réveille les desserts trop sages.
Il est doucement salé comme la caresse des embruns sur les lèvres;
Il est joyeux comme un air d'accordéon.
Il est langoureux comme un tango.
Il est intense comme une gavotte de Braspart.
Il est doux comme la mousse dans les sous-bois.
Il est frais comme un matin léger de septembre.
Il est tonique comme un magnifique jour d'hiver.
Il est fleuri comme comme mon jardin au mois de mai.
Il est chantant comme le vent taquin.
Il est musical comme un coup de cymbales.

Il est...
Il est...

Finalement il n'est pas si mal que ça mon prénom !


dimanche 29 mai 2016

Isabelle

J'ai parfois (souvent) des conversations avec moi-même dans le silence de ma tête.
Hier tout en conduisant, je ne sais pas par quelle association d'idée, m'est venue Isabelle.

Isabelle.
J'aurais bien aimé m'appeler Isabelle.
Isabelle, ça sonne léger.
Ca sonne beau.
Ca sonne joyeux.
Isabelle.
J'ai eu des copines qui s'appelaient Isabelle.
Des à qui tout réussissait.

Et pendant ce temps là, je portais ce prénom (certes breton), mais un prénom qui pique.
Je porte toujours ce prénom.
Il fut un temps j'avais demandé à mon mari (ex-mari) de me trouver un joli surnom. Il a tenté. Et puis non Il n'y est pas arrivé.

Isabelle
Catherine
Muriel

Des prénoms que j'entendais dans la cour de récréation....

Isabelle... Aesa (en breton parait-il)


lundi 23 mai 2016

"Maintenant j'ai une cousine"

Il lui avait donné rendez-vous en face de l'église, à côté de l'office du tourisme.
Elle était un petit peu en avance. Une voiture est arrivée, s'est arrêtée.
En est sorti un petit homme trapu, les cheveux blancs, qui l'a abordée par son prénom, s'est présenté, l'a tutoyée d'emblée.

Elle est montée dans la voiture. Quelle marque ?  Elle ne sait plus. Un style kangoo mais version utilitaire. Une vieille voiture dont les effluves témoignaient de son ancien métier de pêcheur, mais cela ne l'a pas dérangée. Instinctivement elle a voulu mettre sa ceinture de sécurité et il lui a dit : "Ne mets pas ta ceinture". Là-bas personne n'attache sa ceinture de sécurité.
Ils ont commencé une conversation fluide bien qu'ils se rencontraient pour la première fois.

Arrivée chez lui, elle a reconnu la barrière avec les bouées qu'elle avait photographiée furtivement il y a quatre ans. Elle lui a dit qu'elle avait fait cette photo. Il a souri.

Chez lui, sa femme (qu'elle avait rencontrée le matin au cimetière) l'a accueillie avec son grand regard bleu lumineux.
"Assieds toi" - "Tu veux un café ? " - "Je ne bois pas de café" - "Un thé" - "Oui, un thé"

Pendant trois heures ils ont parlé, tous les trois. Pendant trois heures. Ils se rencontraient pour la première fois.

Elle leur a montré les photos de ses enfants, de sa mère. Elle a vu une photo de leurs deux filles.
Elle et lui ont parlé de leur mère respective. Ils ont parlé de ce qu'ils savaient, ont partagé.

Lui en savait très peu. "Elle était secrète ma mère". 
Il a commencé a ranger la maison de sa mère. Il a trouvé un écrit de sa mère. Il lui a fait lire. Elle lui a fait lire le dernier courrier qu'elle avait reçu en janvier de sa mère à lui.
Il lui a raconté la maladie de sa mère, les hospitalisations, l'évacuation en hélicoptère, la difficulté de s'occuper seul de cette mère têtue, le décès.
Elle lui a parlé de la lente descente dans l'oubli de sa mère à elle.

Elle a raconté ce qu'elle savait de leur grand-mère, morte si jeune. Elle en savait plus que lui.

Il lui a raconté sa vie sur l'île. Elle était curieuse de savoir, posait des questions.
Elle a parlé un peu de sa vie à elle, très peu.

Pendant trois heures ils ont parlé.

Il lui a dit : "Maintenant j'ai une cousine".
C'était fort cette phrase. 
Sobre mais fort.
Elle lui a dit :  "Il y a aussi mon frère, ma soeur".
Et lui : "Oui, mais c'est toi que je connais" .
Oui c'est elle qui a voulu le rencontrer lui, c'est elle qui a écrit, c'est elle qui a tant espéré.

Avant de repartir, il a tenu à lui montrer sa serre avec les légumes qui y poussent, et son garage où il "s'occupe". Pour partager un peu plus de son quotidien.

Quand il l'a raccompagnée dans le bourg, il a fait un détour pour lui montrer la maison des arrières grands-parents maternels "vendue pour une poignée de moules à des parisiens", pas par lui, pas leurs grands-oncles ou cousins, certainement. 
Elle l'a prise en photo. Elle la montrera à son frère, sa soeur, sa mère.

Sa mère à lui disait à sa mère à elle : "On n'a pas le même père, mais on a la même mère, ça compte".

Elle a envie de lui dire : "On n'a pas le même grand-père, mais on a la même grand-mère, ça compte".

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C'était jeudi dernier. Je suis revenue de cet après-midi le coeur rempli d'une vraie joie très douce, très profonde.

Je ne vais pas attendre quatre ans pour retourner sur l'île. Maintenant j'y ai un cousin d'une grande gentillesse, avec une femme tout aussi gentille, au coeur immense comme l'océan qui les entoure.





dimanche 15 mai 2016

Portrait d'homme - 3

Avril était beau à Concarneau cette année là.
Ensoleillé, même chaud.

Ce matin là, ils avaient décidé de visiter la ville close. Arrivés vers 10 h le matin, les rues désertes les avaient accueillis pour leur grand plaisir de gens paisibles qui aiment goûter à une balade tranquille.
Les ruelles, les remparts, pas à pas, main dans la main, yeux dans les yeux, le coeur heureux.

Le midi sur une place ensoleillée, ils avaient pique-niqué. Ils aimaient bien pique-niquer, manger dehors, ensemble. Un petit air de bohème sage. Une douceur de vivre toute simple.

L'après-midi ils ont continué à découvrir la ville et quand à la descente des remparts ils sont revenus dans la rue principale, la foule des touristes printaniers était arrivée, et les boutiques ouvertes.

Il aime bien rentrer dans les boutiques quand il est en vacances, regarder, parfois acheter.
Quand il était avec elle, il aimait lui faire des cadeaux.

Ce jour là, ils étaient rentrés dans une boutique de bijoux artisanaux. Il voulait, il voulait, absolument, lui offrir un collier. Il choisissait des perles, lui proposait. Elle était gênée. Oui vraiment. Il a demandé à l'artisane si elle pouvait fabriquer un collier tout simple, avec cette perle là. L'artisane lui a dit qu'elle ne pouvait pas le faire tout de suite qu'il faudrait revenir, et ça revenir... ce n'était pas possible. 
Il était sorti déçu, malheureux.

Dans une autre boutique, de vêtements cette fois-ci. Et lui de regarder les robes. Il aurait tant aimé la voir en robe. Elle n'aime pas les robes. Elle aime les jupes. Mais pas les robes. 
Et de lui proposer des robes. Mais non. Et elle gênée. Et lui de regarder encore. Et elle si peinée de le voir malheureux de ne pouvoir lui offrir un cadeau. Et elle : "Un foulard. J'ai besoin d'un foulard". 
Et de chercher dans les foulards. Il  y en avait de toute les sortes. Et de trouver le foulard qui lui plaise à elle. Et lui heureux de lui offrir. Tellement heureux. Tellement. Tellement...

Il aimait lui faire des cadeaux. Il arrivait souvent chez elle avec de quoi remplir son réfrigérateur.
Il aimait l'habiller. Ah ça oui, il aimait. Il cherchait pour elle, il proposait. Mais c'est qu'elle a des goûts bien arrêtés, sobres, discrets.  Il aurait aimé la rendre éclatante de couleurs. Du rose, oui ce pull rose là. Elle aime le rose.

Il aimait lui faire des cadeaux. 

Elle tout ce qu'elle voulait c'était sa présence, ses bras, son amour.

Le foulard elle l'a toujours. Elle l'a lavé ce matin. Il sèche au soleil.
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mardi 10 mai 2016

Un cadeau

Hier la Vie m'a offert un cadeau.

Pour le moment j'ai juste défait le ruban. Je ne sais pas encore ce qu'il y a dans le cadeau. 
Il y a plusieurs possibilités :

-  de  la poudre de perlimpimpin qui va s'évanouir à peine le cadeau entre-baillé,
- des relations sympathiques qui s'éfilocheront au fil du temps
- une belle amitié

Ne rien précipiter. 
Parce que finalement on est deux pour ouvrir ce cadeau et le faire vivre.

Hier soir, après avoir reçu ce cadeau (petit apparté - numéros de téléphone échangés  - et premiers textos) j'étais dans une douce joie.

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Pour moi il est évident que je pourrais être Amie avec cette femme..
C'est une évidence depuis la première fois où je l'ai vue. Mais je suis une grande timide et alors faire le premier pas... impossible.
Hier au début de la séance de biodanza elle m'a dit "J'ai quelque chose à te demander".
Et à la fin elle m'a dit "En fait ça a changé. Je voulais te demander des renseignements sur ton club photo. Et puis finalement si tu veux bien, donne moi ton numéro de téléphone, parce que..."

J'ai entendu dans son "parce que"...  (même si à la biodanza on ne se parle pas beaucoup)... qu'elle aussi ressent que nous pourrions avoir plein de choses à partager... On l'avait déjà évoqué très par des mots rapides lors d'autres rencontres.

Nous n'avons pas la même vie. Elle est en couple. Je suis seule. Elle travaille tard le soir. Je finis à 17 h tous les jours...Nous arriverons à faire plus ample connaissance. Je ne suis pas pressée. L'amitié est une chose rare et précieuse. 
Ne rien précipiter. 

Alors ? Perlimpimpin ? Relations sympathiques ? Amitiés ? 

Quoiqu'il y ait dans le cadeau, déjà la douce joie d'hier soir, c'était si bon à ressentir;

mercredi 4 mai 2016

2ième atelier d'écriture

Le bateau glisse sur l'eau, tranchant de sa proue le vallon des vagues. Au loin se dresse la barrière sombre de l'île parsemée de quelques nuages. Peu à peu la barrière se révèle et apparaît cette terre austère, constellée du brun des roches, de l'émeraude de la végétation dans son écrin de mer bleu iroise.

A la descente du bateau, le raidillon de la route invite le visiteur à une marche au rythme lent du souffle des anges.

Pen ar Lann. Se glisser sur la gauche, cheminer en plein vent, jusqu'à ce que les arbres se courbent et vous invitent de leurs caresses subtiles à continuer encore.

Au bout du chemin, elle est là, elle attend. Le varech de la dernière marée comme une chevelure sur son pâle visage de sable blanc, visage fendu par le ruisseau qui court en offrande vers la mer.

Le soleil de mai apaise sa blessure. Sous son éclat, la mer transparente se pare de boucles turquoises. La jetée de granit doré berce la plage blessée de son puissant bras de pierre.


dimanche 1 mai 2016

2ième atelier d'écriture

Dernier exercice du week-end : Une photo, une musique.
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Nuit
D'été.
Deux silhouettes vacillantes
Lentement dansent
Une valse hésitante.
Dans la ruelle
A peine éclairée
Elles avancent
Butent le long des trottoirs
Au loin passe un chat noir.
Une vitrine comme un miroir
Leur renvoie leur image
Floue
Douce
Pouce.
Ils s'immobilisent
Tout se brouille
Ils se tiennent
Se retiennent
L'un à l'autre
Pour
Ne
Pas
Tomber.
Demain
Demain
Ils reviendront
Danser leur jeunesse enfuie
Dans la ville endormie,
Ils se le sont promis,
Jusqu'au bout de leur vie.
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Sur une musique de Michael Nymann :



The Cook The Thief his wife & her lover... par zyeyeye

Ophélia

C'est une tempête tropicale (qui était classé en ouragan la semaine dernière) qui passe à  plus de 1 000 kms au large de l'endroit ...