
Un endroit, une personne auprès de qui souffler quand c'est trop, quand ce n'est pas assez, quand ça ne va plus, quand...
A la naissance de mes deux enfants (les deux le même jour à 10 minutes d'intervalle) c'est chez ma maman que nous allions souffler. C'était indispensable. Le samedi nous allions souffler dans ce cocon, dans cet espace d'amour et d'entraide. Au premier été après leur naissance c'est chez mes beaux-parents que nous étions allés souffler. J'étais au plus bas de ma fatigue physique. J'ai pu m'y requinquer.
Je pouvais souffler aussi auprès du père de mes enfants, le soir quand, après le travail, il y avait un trop-plein, quand la migraine me vrillait les tempes, quand l'impuissance prenait toute la place...
Pendant très longtemps c'est auprès de ma maman que je me suis réfugiée pour souffler le temps de quelques heures, d'une balade, d'un thé, d'une conversation.
Le père de mes enfants, un jour, a fermé la porte et n'est jamais revenu.
Le cerveau de ma maman a fait des siennes et s'est enfoncé dans la confusion. Quelques années plus tard elle est décédée... quatre ans déjà.
Je n'ai plus personne pour souffler. J'en ai toujours besoin. C'est fatiguant d'être seule face à ses fragilités, ses maux physiques, ses inquiétudes, ses vides. C'est fatiguant de puiser dans le peu de ressources qu'il nous reste pour, seule, s'autoriser à souffler. Il en faut du courage et de la persévérance.
Ce soir je suis fatiguée. J'aimerais un sourire, une épaule, une main, un échange pour... souffler. Je vais aller dormir. Peut-être que mes rêves me donneront cet espace dont j'ai besoin.

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